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‘ai déjà exprimé ici mon amour pour Douglas Kennedy. Je n’avais pas lu Piège nuptial et, pour une fois, l’histoire me semblait drôle et légère.

Nick est un journaliste en vadrouille à bord d’un minivan en Australie, lorsqu’il crois la route d’Angie, une jeune autostoppeuse qui se transforme en amourette. Lorsqu’il se reveille, il se retrouve à Wollanup, « ville » inconnue sur la carte d’Australie, dirigée par 4 hommes dont le père d’Angie, mariée avec celle-ci de force. sa charmante épouse se transforme en brute alcoolique qui vit, tout comme le reste du village, de l’abattage de kangourous. Mais à Wollanup, la loi australienne n’existe pas, et on ne divorce pas, sous peine de se voir chasser par son père armé d’un fusil…

Encore une fois, Kennedy nous dépeint un personnage coincé dans une situation qui semble inextricable. Mais cette fois-ci, à l’inverse de ses autres romans, on en rit énormément. C’est un court roman qui se dévore d’une seule traite tant on a envie de savoir comment Nick va se dépêtrer de cette situation absurde. La galerie de personnages secondaires que constitue les habitants de Wollanup (qui sont tous cousins) est tout bonnement hilarante. Le ton léger de Douglas Kennedy rend cette lecture d’autant plus agréable.

A lire si vous souhaitez passer un bon moment de lecture en compagnie de rednecks australiens!

 

Extrait: « – T’as déjà abattu un kangou, mon gars? m’a demandé Robbo lorsqu’ils se sont calmés.

– Moi? Euh, non, jamais…

– Si tu veux t’instruire, viens à l’usine. C’est ce qu’on fait toute la sainte journée, nous autre: on transforme les kangous en pâtée pour chats et chiens. On se marre comme des p’tits fous.

– J’pense pas que ça t’fera marrer, hein, l’journaleux? a demandé Papou. J’pense pas que ce soit ton idée d’une pinte de bon sang, pas vrai? T’as encore perdu ta langue, l’journaleux? Ou faut que j’pense que t’as rien à dire pasque t’es trop content d’être ici?

– Non, ai-je laché d’une voix rauque. Je…Je ne suis pas content, non.

 Papou m’a lancé un sourire malicieux.

– Un peu de franchise, enfin! Et j’suis franchement marri d’apprendre ton, euh, mécontentement mais tout ce que je peux dire à c’sujet, c’est… carre-le toi dans le cul, mon gars! Tu l’as tronchée une fois, tu l’as tronchée deux fois, tu continues à la troncher, alors maintenant, assume tes actes. comme t’as du t’en apercevoir, elle prend ces choses là au sérieux, Princesse. Et moi, itou par voie de conséquence. très personnellement, j’vois pas c’qu’elle trouve à un peigne-cul dans ton genre. Mais t’as demandé sa main, elle a accepté et maintenant…

– Je ne l’ai pas demandé en mariage! ai-je glapi, regrettant aussitôt cette impulsion, car Papou a adressé un signe de tête navré à ces acolytes avant de tourner vers moi des yeux pleins d’une fureur assassine.

– T’as pas dit ça, si?

– Nnnn…(Les mots sont restés coincés dans ma gorge.) Non…

– Plus fort.

– Je n’ai pas dit ça ! ai-je pratiquement hurlé.

– T’as fait ta demande, elle a accepté, c’est bien dans c’t ordre qu’ça s’est passé? T’entends? a t-il beuglé contre mon tympan, alors que je tergiversais un court instant.

– Absolument!

– Bien! Pasqu’autrement, tu serais en train de dire que Princesse est une menteuse. elle l’est pas menteuse, si?

– Non ,non.

– Le foutu menteur, c’est toi.

– C’est moi.

– Très bien, on commence à s’comprendre toi et moi. »

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