Joyce Carol Oates, plus mordante que jamais

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Joyce Carol Oates est peut-être l’un des auteurs contemporains que je préfère, tant pour son style agréable à lire, que pour ses chroniques de la société américaine exclue du rêve américain.

Petite soeur mon amour nous donne cette fois-ci à lire le journal de Skyler Rampike. si aujourd’hui c’est un adolescent de 19 ans drogué, perdu et passé par tous les hôpitaux psychiatriques de la région, il n’en a pas toujours été ainsi. Avant, Skyler était le fils unique d’une famille américaine typique sous tous rapports: papa travaille, maman reste à la maison pour s’occuper de son fils chérie, bébé porte tous les espoirs de ses parents. Mais Skyler n’est pas le fils champion de patinage ou de gymnastique dont ses parents rêvent. L’accident sportif qui le laissera boiteux toute sa vie leur permet quand même d’intenter un procès juteux à l’entraineur…

Puis, arrive Edna Louise, bébé pleurnichard qui énerve maman Rampike. Mais Edna Louise se révèle finalement être une championne sur des patins. Rebaptisée Bliss, la petite fille va alors enchainer longues heures d’entrainement, maquillages, tenues de poupées ostentatoires, teintures des cheveux, foule d’admirateur sous le regard d’une maman qui croit que ces victoires sont le résultat d’une faveur divine. Puis Bliss est assassiné et toute la famille se délite…

Inspiré d’une histoire vraie, celle de l’assassinat de la minimiss JonBenett Ramsey, Joyce Carol Oates nous plonge au coeur d’une amérique fascinée par le culte de la beauté dès le plus jeune âge. La volonté de gagner, que ce soit de l’argent pour le père ou de la gloire pour la mère laisse les deux enfants Rampike dans une souffrance permanente: Bliss ne va pas à l’école et souffre de douleurs à répétition et Skyler sera diagnostiqué comme souffrant de toutes les maladies mentales possibles , ce qui l’amène à douter tout au long de l’histoire de la véracité de ses propos.

Surmédicamentation, culte de la réussite, utilisation médiatique de la vie personnelle, tous les travers de la société américaine sont passés au crible de l’écriture ironique de Joyce Carol Oates. Un roman d’une beauté lumineuse sous la noirceur de l’événement décrit à lire absolument. Venir à bout des 700 pages vous laisse un goût amer et une vision désabusée du culte de la réussite qui aura bien du mal à partir.

 

A ne manquer sous aucun prétexte!

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