Hier encore…

miroir    J’aurais souhaité écrire ce texte il y’à quelques jours, mais bizarrement, j’ai bloqué. Les mots étaient là, mais impossible de les faire sortir. J’ai aujourd’hui réussi à exprimer une partie de ce que j’aurai voulu. Peut-être d’ici quelques années arriverais-je à expliciter un peu plus les choses…

 

« Très chère M,

 

Il y’à quelques jours, tu as eu 15 ans. Tu t’apprêtes à rentrer au lycée. Tu penses que changer de ville va te permettre de fuir. Tes cheveux roses, tes doc Martens, tes minijupes et tes collants rayés te permettent de cacher qui tu es et de te créer un personnage. Je te le dis tout de suite : tu te trompes.

T’éloigner et te créer un personnage ne te permettras pas de te sentir « comme tout le monde ». ce mal-être, sur lequel tu ne mets pas encore de nom, va te bouffer entièrement. Je te préviens, tu vas tomber très bas. Tu vas aller si loin dans la destruction que tu te demanderas souvent à quoi cela sert de continuer.

Mais, très chère M., crois moi sur un point : tu va t’en sortir et te rendre compte que tu es très forte.  Tu vas réussir à te construire seule. Et même si les choses ne se passeront pas comme tu te les imaginais, tu arriveras à trouver de nouvelles voies.

 

Il y’à quelques jours, j’ai eu 25 ans. Les soucis ne sont pas partis, j’ai mis plus de temps que les autres pour trouver mon chemin, mais pour la première fois, j’ai une sensation que je ne pensais jamais connaître : Je crois que j’ai trouvé ma place.

Je galère toujours avec ce satané corps et ces horribles coups de blues, mais je sais désormais que je peux compter sur quelques personnes, fidèles bien qu’elles ne soient pas de ma famille). J’ai rencontré des gens épatants ces 10 dernières années et j’adorerais être à ta place pour les découvrir à nouveau. Malheureusement, beaucoup n’ont pas réussi à sortir des abymes et se sont envolés pour d’autres endroits.

J’ai découvert que c’est la fugacité de la vie qui nous permet d’apprécier chaque petit moment de bonheur, que si fuir au bout du monde soulage sur le moment, il n’y à rien de plus agréable que d’avoir un endroit où l’on se sent chez soit.

 

Si je t’écris aujourd’hui, c’est parce que pour la première fois, j’arrive à avoir de la tendresse envers toi. J’ai parfois l’impression de te trahir, toi et tes idéaux, mais je me dis que quand tu seras plus grande tu me pardonneras.

Je te souhaite bon courage pour tout ce que tu vas vivre.

 

Tendrement,

 

Marion »

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