Une grande page d’histoire

couverture maus Il y’avait, l’an dernier, dans les ouvrages les plus commentés sur les sites de lecteurs, cette BD, qui m’a tout d’abord donné énormément de fil à retordre. A la base, je ne suis pas du tout fan de BD. Elles sont associées pour moi à la détente, à la légèreté, à ces livres qu’on lit comme ça, en passant sans vraiment se poser… Alors quand j’ai vu la pavé que représente les tomes 1 et 2 de Maus, j’ai un peu eu peur. Quand j’ai ouvert et que j’ai vu les dessins, extrêmement noirs et sans aucune nuance, aux traits gras et sans aucune finesse, j’ai pris peur et refermé le livre en jurant de ne plus jamais y revenir. Mais comme il ne faut jamais dire jamais…

Au travers des deux opus de Maus, Art Spiegelman retrace l’histoire de ses parents, des premiers pogroms jusqu’à la libération des camps. Pour illustrer l’histoire du nazisme, Art Spiegelman utilise des animaux, les hommes de cette époque ayant été dépossédés de tout caractère humain.

Ce qui m’a surtout plu, ce sont d’autres questions soulevées par cette BD, notamment sur la manière d’aborder l’Histoire. Tout est raconté par le discours bien entendu subjectif du père, puis retranscrit en images par un fils honteux de ne pas avoir vécu ça. L’auteur exprime à travers ces pages la difficulté qu’il y’à pour un enfant de porter l’histoire familiale et la sensation d’être coupable d’avoir une vie plus facile. En plus de rappeler une réalité historique qu’il est bon de garder en mémoire, Maus d’Art Spiegelman permet également d’ouvrir une discussion sur la manière de transmettre ce devoir de mémoire.

Bref, une BD à lire obligatoirement, mais quand vous avez le moral ( et les yeux assez peu fatigués. Le noir des illustrations donne des migraines).

 

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