documentaire romancé ou l’art de rendre crédible son polar

cvt_Triple-Crossing_9916 Toujours dans la petite librairie originale à coté de mon école, j’ai pu dénicher ce livre, Triple Crossing de Sebastian Rotella. Je n’en avais jamais entendu parler, mais le résumé et le mot du libraire ont fini par me convaincre d’acheter ce roman.

Valentin Pescatore travaille au sein de la brigade de surveillance de la frontière mexicaine, jusqu’au jour où il commet l’irréparable: il course un clandestin jusque de l’autre coté de la frontière, en plein Tijuana. Cette faute pouvant créer un grave conflit diplomatique, il est convoqué par le FBI qui, au lieu d’une sanction, lui propose de collaborer avec un groupe anti corruption mexicain, le groupe Diogene et le FBI par le biais de l’agent Isabel Puente. Sa mission? Infiltrer les milieux troubles des miliciens de la frontière pour accéder à la famille mafieuse Ruiz Caballero.

Ce livre est vendu comme un polar. Or, à aucun moment je n’ai senti la tension qui est normalement caractéristique de ce type d’oeuvres. L’auteur a, par contre, une grande connaissance du milieu dont il parle. Ses personnages sonnent incroyablement juste et ne semblent pas être les stéréotypes habituels du genre. J’ai eu l’impression d’être plongée dans un documentaire, tout en sachant bien sûr que l’histoire est une fiction. La personnalité trouble du personnage principal m’a empêché de m’identifier à lui, ce qui m’a permis d’être à la fois à l’intérieur et à l’extérieur de l’action.

Je pense que le lot de crimes et de tension auquel je m’attendais m’a empêché de pouvoir apprécier pleinement ce livre. Cependant, j’ai aimé découvrir cet univers si particulier de la frontière américano-mexicaine.

 

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étrange histoire…

tenebres

Je viens de découvrir, à côté de mon école, une librairie qui met en valeur des livres plutôt originaux. Du coup, j’ai bien évidemment craqué au rayon polar, et je suis repartie avec un butin contenant entre autres, ce livre. Je ne me rappelle plus ce qu’indiquait l’avis du libraire collé sur De peur que les tenebres ne tombent de Charles Maclean, toujours est il qu’il m’avait intrigué, et que cette histoire m’intrigue toujours.

Un beau jour, Gregory Martin prépare l’anniversaire de sa jeune femme, quand tout à coup, il découpe en morceaux leurs chiens avant de les mettre dans un paquet cadeau et de s’enfuir. Après quelques jours passés réfugié dans un hôtel, il accepte de se faire soigner et commence une hypnothérapie avec le docteur Sommerville. Cette thérapie fait peu à peu ressortir les différentes personnalités issues de vies antérieures qui l’habitent.

Ce qui m’a tout d’abord bluffé dans ce livre c’est la violence du crime décrite de manière si tranquille. La nature du crime est également déstabilisante. On reconnait qu’il est abominable de trucider ses chiens, cependant, nous sommes habitués dans les polars habituels à de biens plus violents massacres. Ici, la tension ne repose pas sur la résolution d’un crime, mais sur la découverte des différentes strates de la personnalité de Gregory Martin.

J’ai été assez désappointée à un moment, ayant l’impression que l’histoire ne tenait pas debout, avant de me rendre compte que j’avais été flouée par l’auteur. Je ressentais exactement ce qu’il voulait que je ressente: le désœuvrement de Gregory face à la mise au grand jour de ses névroses. Car le récit n’est pas vu par l’omniscience d’un narrateur mais par la folie schizophrénique du patient, alternée heureusement par des chapitres narrés par le docteur Sommerville qui permettent d’avoir une idée de la réalité.

En bref, j’ai été bluffée et déstabilisée par cette histoire intrigante que je vous conseille de lire! (avant de venir me donner votre avis)