tous comptes faits…

picsou2   Aujourd’hui, j’en ai gros comme dirai l’autre! Après plusieurs mois de galère immobilières (voir ici) et des galères de stage (voir ici), je devrai m’estimer heureuse: j’ai enfin un logement décent, et un stage me promettant de faire des choses intéressantes. Oui mais…

Le voilà mon problème: j’ai 25 ans, un emprunt sur les bras et absolument aucune économie (forcement, les doubles frais d’agence et caution m’ont achevée). Sachant qu’il me reste encore 1000 euros d’école à payer pour cette année, que j’ai un loyer qui coûte 570 euros (pour 14,6m2, vive la vie parisienne), que je dois bien entendu payer l’électricité (45 euros), internet (35 euros), mon forfait telephone (25 euros), un pass navigo (45 euros) et bien entendu de quoi manger (environ 200 euros par mois), j’aurai besoin de minimum 920 euros par mois, tout ceci bien sur, à condition que je vive en ermite, n’achete aucun livre, ne me paye jamais de nourriture à emporter et ne paye pas mon école, mais bon, passons…

Or, en réalité, un stagiaire à temps plein qui travaille plus de 2 mois doit avoir une gratification d’au minimum 436 euros (soit un peu plus de 2 euros de l’heure…). Mon entreprise me rembourse également la moitié de mon pass Navigo, soit 24 euros (arrondissons, ça simplifie le calcul). Je touche également 230 euros d’aide au logement par la CAF. Nous arrivons donc à un revenu par mois de 690 euros. Et des semaines déjà bien remplies… Mes parents m’aident bien sûr, mais j’ai quand même 25 ans et une petite soeur qui a plus besoin d’aide que moi qui suis déjà semi indépendante depuis presque 7 ans. Il faudrait donc que je travaille 34h par mois (smic à 6,90 net) pour couvrir mes dépenses fixes. tout en ayant en tête que je dois trouver 1000 euros.

Mes semaines cette année vont donc se composer de cette manière: le lundi et le mardi, je serai en cours de 9h à 19h30. Heureusement, je n’ai que 30 minutes de route pour y aller. Disons qu’il faut que je partes de chez moi à 8h20 pour être sûre d’être à l’heure. Comme je ne peux bien sûr pas acheter à manger sur place (1 sandwich à 5 euros est complétement hors budget. Tout comme le café à 3euros du bar d’en face ou se réunissent tous les étudiants. Ca va être pratique pour s’intégrer…) il faut que le matin je compte quasiment 30 minutes pour me faire à manger. Nous sommes donc déjà sur une journée de 6h45 (heure du réveil) à 20h (heure ou je pose mon sac chez moi). Le temps de la douche, du repas, etc.. il est déjà 21h passées.

Le mercredi/jeudi/vendredi, je suis donc en stage, de 9h à 18h30, sans compter les réunions en plus. Bref, comptons les mêmes horaires que pour les journées de cours.

Le samedi, je n’ai rien de prévu, sauf vacances scolaires. Le dimanche, je travaille de 6h à 15h. Je rentre donc enfin dans mes frais… Mais toujours pas assez pour payer l’école et envisager de payer l’assurance de mon prêt à 80 euros par mois (oui, je l’avais oubliée dans mes comptes). Donc, pendant les vacances scolaires, je travaille 30h par semaine. en plus de tout ce programme là. Je fais des fermetures de standard jusqu’à 1h du mat’, avant de rentrer me coucher pour reprendre les cours le lendemain à 7h. Je travaille le samedi, sans avoir une once de temps pour moi.

 

Je sais que ce post peut avoir l’air pleurnichard, mais ce n’est absolument pas le but. Je suis ravie et fière de pouvoir aller dans une école dont j’ai envie depuis plusieurs années. Mais la vérité, c’est qu’au lieu de profiter pleinement de tout ça, j’ai peur. J’ai peur de ne pas trouver le temps pour travailler suffisamment mes cours (ou est ce que je case 15h de travail par semaine là dedans), peur de me sentir extrêmement seule (pas de temps pour voir mes amis), et surtout, peur d’avoir le corps qui lâche à force d’être trop sollicité. J’ai peur de rater tout ce que je fais à force d’en faire trop. Peur de devoir sacrifier mes petits plaisirs: mon blog, mes cours de danse et ma petite marque pour un futur métier incertain (la communication n’est pas réputée pour être un secteur fiable).

 

Bref, au lieu de savourer ce pour quoi je me suis tant battue, j’ai peur et ça me ronge.  Je suis la seule dans ce cas?

home sweet home

Carrie_Bradshaw_apartment_SATC_set_3

Aaaaaaaah, j’en rêvais tellement quand j’étais plus jeune… Moi aussi je pensais qu’à 25 ans j’aurais, comme Carrie Bradshaw, un superbe appart’, avec parquet, grandes fenêtres et un dressing immense. Le tout, bien sûr dans le quartier branché d’une capitale!

Je vous l’avais dit, il y’à 4 mois, j’ai déménagé sur Paris pour mes futures études. J’ai eu plutôt de la chance, ma mère étant fonctionnaire en poste depuis 20 ans et caution obligatoire, la période étant généralement peu propice aux locations, j’ai pu emménager dans un appartement de presque 20m2 pour 650e par mois, à 3 minutes à pieds des Buttes Chaumont. L’appartement idéal dans lequel j’allais pouvoir m’épanouir dans ma nouvelle vie de parisienne célibataire et fan de mode!

Au moment de l’état des lieux, première surprise: le plafonnier du salon ne marche pas, il y’a donc une lampe halogène pour seule lumière et le chauffage est un chauffage électrique d’appoint. Dans la salle de bain, la toile de verre gondole et semble vraiment moisie, il n’y a aucun joint autour de la baignoire. Dans l’entrée, on ne peut fermer qu’un seul des verrous de la porte. A l’extérieur, il y’a des travaux pour encore une dizaine de jours. Pas grand chose, tout doit rentrer dans l’ordre rapidement selon la dame de l’agence.

3 semaines plus tard, il faut bien se rendre à l’évidence: les travaux ne sont pas partis et les ouvriers s’en donnent à coeur joie de 8h à 19h 6/7 jours, il se dégage du dessous de l’évier une vieille odeur d’égout, lorsque j’allume le chauffage d’appoint et l’halogène, les plombs sautent et le clic clac « en bon état » fait certes clic, mais ne fait pas clac pour se refermer…. J’envoie donc un sms à mon proprio. qui ne répond pas. J’envoie donc un mail à l’agence, avec toute la liste de ce qui ne va pas. Mon proprio me dit « je passe jeudi a 17h. » Le problème, c’est que jeudi à 17h, je ne suis pas là, moi. Réponse du proprio « Pour que les choses avancent, il faut que je sois là, sinon, tant pis pour vous »… Moi qui croyait bêtement que mes frais d’agence me servaient à obtenir un logement décent, ou tout du moins une aide… Pas du tout. Voilà donc mon propriétaire et le représentant de l’agence venant constater l’insalubrité des lieux. Mais bon, faisant appel à mes bons sentiments, mon cher propriétaire me promet de rapidement faire les travaux importants, mais que le reste se fera en juin. Après tout, nous sommes en février, il fera beau dans 15 jours, je n’ai pas besoin de chauffage….

Aujourd’hui, malgré quelques relances et quelques travaux effectués avec toute la mauvaise grâce possible, je me retrouve à ouvrir ce matin à 8h à l’expert de l’assurance du voisin d’en dessous. En effet, grâce à mon propriétaire qui rechigne à faire les travaux, son plafond s’est effondré à cause de l’insalubrité des tuyaux dans mon plafond. Je n’ai toujours ni plafonnier, ni vrai chauffage. Ma porte ferme difficilement. Je dois déménager car je paye presque 75e d’électricité, j’ai du racheter le clic clac, de quoi refaire les joints, etc… Je dois donc déménager, je suis ruinée, je fais partie de la génération dite « mal logée ».

Et devinez qui donc va se retrouver sans logement, obligée de payer ENCORE des frais d’agence pour avoir le droit à un logement salubre de 14m2????????

 

Bref, Carrie Bradshaw est encore loin….